Une lettre d’un grand-oncle resté en Allemagne, un acte d’état civil d’Alsace-Moselle rédigé entre 1871 et 1918, un carnet de guerre écrit dans cette « écriture gothique » aux lettres pointues : même les Allemands d’aujourd’hui ne la lisent plus. Envoyez une photo et recevez en quelques minutes la transcription — et sa traduction en français.
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Ce que les familles françaises appellent « écriture gothique allemande » recouvre en réalité trois choses. La Kurrent (ou Kurrentschrift) est la cursive manuscrite utilisée dans les pays de langue allemande du XVIe siècle jusqu’au XXe : pointue, anguleuse, avec ses e en petits zigzags et ses n et u presque identiques. Le Sütterlin en est la version scolaire, dessinée en 1911 par le graphiste Ludwig Sütterlin et enseignée dans les écoles allemandes des années 1920 jusqu’en 1941, date à laquelle le régime nazi impose l’écriture latine ; après la guerre, plus personne ne l’apprend. La Fraktur, enfin, n’est pas une écriture manuscrite mais le caractère d’imprimerie « gothique » des journaux et des livres allemands jusqu’aux années 1940. Résultat : une lettre de 1905 ou un acte de 1890 rédigés en Kurrent sont aujourd’hui illisibles pour la quasi-totalité des Allemands eux-mêmes — et à plus forte raison pour leurs cousins français.
Entre 1871 et 1918, l’Alsace et la Moselle sont allemandes : les registres d’état civil, les actes notariés, les livrets militaires et la correspondance y sont rédigés en allemand, et le plus souvent en Kurrent. Toute personne dont les ancêtres vivaient à Strasbourg, Colmar, Metz ou dans un village vosgien à cette époque retrouvera tôt ou tard, aux Archives départementales du Bas-Rhin, du Haut-Rhin ou de la Moselle, un document dans cette écriture — sans compter la nouvelle annexion de 1940 à 1944. S’y ajoutent les lettres des branches émigrées vers l’Allemagne, la Suisse ou l’Autriche, les cartes envoyées par des prisonniers de guerre, les papiers d’un grand-père venu de Sarre ou du Palatinat, ou les carnets rapportés d’une captivité. Ces documents posent une double difficulté : il faut d’abord déchiffrer l’écriture, puis comprendre une langue que l’on ne parle pas forcément. Un dictionnaire ne suffit pas quand on ne parvient même pas à isoler les mots.
Le Journal de Mamie a d’abord été développé pour les documents allemands : sa version d’origine, Omas Tagebuch, est utilisée en Allemagne pour déchiffrer lettres et journaux en Sütterlin et en Kurrent. Vous photographiez la page ; l’IA reconnaît l’écriture, restitue le texte allemand en caractères d’aujourd’hui, signale les mots incertains, puis le traduit en français dans la foulée. Vous recevez la transcription allemande fidèle, une version complétée là où l’encre a pâli, et une lecture en français qui permet enfin de comprendre ce que racontait cette lettre de 1917 ou ce contrat de mariage de 1893. La première page est gratuite ; les suivantes coûtent quelques centimes, sans abonnement. Et pour un acte décisif ou une écriture particulièrement difficile, la relecture par un paléographe reste possible.
Déchiffrer une écriture ancienne pas à pas : reconnaître l’époque du document, éviter les pièges classiques et lire enfin les lettres et cahiers de votre famille, avec l’aide de la paléographie en ligne.
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